L'eau : énergie motrice La chambre à eau
 
La roue horizontale
 

"La roue à pales" horizontale est la première a avoir été utilisée. C'est le récepteur le plus simple, le moins coûteux, il transmet le mouvement directement à la meule. La première formule constituée par 4 palettes droites encastrées dans les mortaises de l'arbre vertical n'a cessé d'évoluer. Les pales se sont multipliées 8, 12, 16 pour donner de meilleurs résultats. Ces roues installées au fil de l'eau n'ont pas grand rendement tant que l'énergie motrice n'est pas canalisée, calibrée, dirigée sur les pales, d'où l'aménagement du coursier. Mais ce coursier projette l'eau sur la roue avec un certain angle d'incidence. Aussi a-t-on réalisé un progrès considérable en inclinant les pales que le courant frappe alors perpendiculairement.

La plus belle réalisation de cette lignée c'est la roue à cuillers. Les blocs de bois solidement encastrés dans le moyeu sont allégés et creusés en forme de cuillers.

L'eau du coursier vient frapper perpendiculairement le creux des godets transmettant à ceux-ci le maximum de puissance. Les rouets du moulin de Mendagne en sont l'exemple type. Apprécions la remarquable restauration effectuée par l'entreprise Bernard Garibal de Lautrec dans le Tarn pour le compte du petit moulin familial de Pierre Brau-Arnauty, au bord de l'Adour, à Sainte Marie de Campan.

Les godets sont taillés dans du bois de hêtre ou d'aulne et refaits tous les 10-15 ans grâce au cabuchou, outil spécialement conçu à cet effet.

La roue à godets était le plus souvent cerclée comme le montrent les rouets des moulins d'Arcizans et de Gèdre. C'était le travail du charron. De nombreux villages avaient autrefois une forge indispensable à la vie des communautés montagnardes qui vivaient plus ou moins en autarcie surtout pendant les longues périodes d'hiver. Les saisons étaient plus marquées que de nos jours et les habitants des villages vivaient de manière plus complémentaire et solidaire.

La roue actuelle du moulin de la Mousquère, plus grande que l'originale, provient d'une ancienne filature située à Ancizan en vallée d'Aure. Les roues en fonte, fabriquées selon la même technique, ont fait leur apparition en France vers la moitié du 19ème siècle.

Les trois rouets, utilisés en 1960 lorsque le moulin de la Mousquère a cessé son activité, étaient en bois comme tous ceux de nos moulins de montagne.

La combinaison la plus efficace réunit cependant roue, coursier et cuve. Dans une cuve cylindrique ouverte en bas, on dispose une roue à pales obliques ou courbes. Une buse envoie l'eau tangentiellement à l'intérieur de la cuve légèrement au-dessus de la roue, la roue tourne dans un tourbillon d'eau qui s'échappe librement par le bas.

 
 
 

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