La chambre des meules Les meules Le tournant La Ferté-sous-Jouarre Société Générale Meulière
 
Piquage des meules
 

Comme nous l'avons vu dans la page consacrée aux meules il fallait périodiquement les repiquer (les rhabiller ou les battre), c'est-à-dire les entretenir, en fonction du travail fourni et de leur usure. Pour bien fonctionner une meule doit avoir une surface bien plane mais pas lisse. Il doit y avoir beaucoup de petits trous bien réguliers et coupants. Comme en tournant les meules s'usent, les petits trous disparaissent, alors il faut en refaire. Le meunier, après avoir enlevé la trémie et les archures, va donc devoir retourner la meule supérieure afin de découvrir les surfaces travaillantes. Plusieurs systèmes étaient appliqués pour effectuer ce difficile travail.

Le système que l'on rencontrait le plus souvent, était celui du treuil. Il faisait appel à une poutre de chêne fixée au plafond, contre le mur, au-dessus des meules. Le meunier soulevait d'abord la meule tournante à l'aide d'une barre à mine, introduisait un coin entre les deux meules et l'enfonçait jusqu'à pouvoir passer une corde dans l'oeillard. Puis il fixait cette corde à une barre en fer mise en travers de l'oeillard. La suite de la manoeuvre nécessitait la présence de deux hommes. A tour de rôle chacun enfonçait une longue barre en bois dans des mortaises pratiquées dans la poutre et en appuyant sur celle-ci, faisait tourner la poutre, s'enrouler la corde et se soulever la meule. Une fois contre le mur, la meule tournante était calée de chaque côté et prête à être piquée.

Ce système a été employé par Bernard Garibal lors de la rénovation du moulin de Mendagne à Sainte Marie de Campan. Photos prises pendant les travaux de l'été 2006.

 

Au moulin de la Mousquère, le meunier, après avoir découvert les surfaces travaillantes, soulevait à l'aide d'un levier la meule supérieure par un mouvement vertical de haut en bas. Les deux meules étaient maintenues progressivement écartées par deux coins de bois. Depuis le 19ème siècle, dans certains moulins, un cric facilitait ce travail.

A hauteur suffisante, le meunier glissait un rouleau près de l'oeillard. Par un mouvement horizontal, la meule courante était ensuite déplacée, poussée vers l'avant du bâti, en pesant sur le levier qui prend appui par en dessus sur les bords, extérieur et intérieur, de son oeil. Toujours à l'aide du levier, la courante était basculée sur chant à côté de la dormante par un mouvement vertical de haut en bas. Elle était enfin dressée et appuyée contre le mur parfois protégé par un tampon de bois. Au plancher des cales augmentaient la stabilité.

 

 

 

Un troisième système, beaucoup plus moderne, était utilisé dans des moulins depuis la fin du 19ème siècle. Il s'agissait de positionner des arceaux de chaque côté de la meule, de glisser une cheville dans le trou de l'arceau et dans le trou correspondant pratiqué dans la meule, puis de tourner l'écrou de la vis.

 

La meule se soulevait ainsi plus facilement. Dès qu'elle était décollée de la meule dormante, il n'y avait qu'à faire pivoter la potence et la meule venait dans le vide. Il fallait alors lui faire faire un demi-tour et la poser sur de solides tréteaux. Elle était prête à être piquée. Les arceaux de la potence étaient repliés pour ne pas gêner le travail de piquage.

Les croquis sont tirés du livre 'Il était une fois les moulins de la montagne" de Emile Farenc et du livre "Moulins à vent et meuniers des Pays d'Oc" de Auguste Armengaud et Claude Rivals. Pour plus de précisions sur ces ouvrages consulter la page "Bibliographie".