Millas Mique Gâteau à la broche
 
Fabrication du pain ou "fournée"

Le blutage ou tamisage terminé, le paysan repart avec un sac de farine pour le pain, un sac de fleur de farine pour la pâtisserie et un sac de son pour le bétail.

Dans nos vallées, plusieurs catégories de céréales cultivées au pays entrent dans la composition de la farine : on mélange ainsi le blé caron "carou" avec le seigle. Cela donne le "méteil", un pain assez noir, mais qui a l'avantage de se conserver 8 à 10 jours.

C'est souvent à la maîtresse de maison qu'échoit le rôle de faire le pain. Les familles aisées possèdent un four, les autres utilisent le four banal au Moyen Age, le four communal après la Révolution.

Le four communal est utilisé de façon réglementée et chronologique. La famille qui se sert du four la première, l'utilisera la fois d'après la dernière. Ce roulement dans le chauffage du four qui demande une consommation importante de bois en début de chauffage permet une équitable répartition de cette charge entre les familles utilisatrices.

A la maison le four est contigu à la cheminée de la pièce appelée "éra hournèro". La fumée s'échappe par le conduit et la braise retirée du four après le chauffage tombe dans l'âtre.

Pendant que le four chauffe, la maîtresse de maison prépare la pâte à pain. Farine, eau, levain, sel sont mélangés et brassés manuellement dans le pétrin en bois "éra pastiero" ou maie.

Après avoir laissé reposer la pâte, celle-ci sera mise en boules. L'introduction de ces boules dans le four se fait avec une pelle en bois d'orme très plate avec un long manche.

La fournée comprend en général 8 à 12 pains, jamais 13 pour ne pas répéter "la Cène" ce qui aurait porté malheur. On était alors très respectueux de la religion. Aussi avant d'entamer un pain, il ne fallait pas oublier de faire le signe de croix en dessous de celui-ci avec la pointe du couteau.

Lorsqu'il restait de la pâte, la maîtresse de maison en faisait des gâteaux plats et ronds bien beurrés et sucrés : les coques, qu'elle mettait en cuisson une fois les pains retirés du four. Elle pouvait aussi garder cette pâte qui en fermentant lui servait de levain pour la prochaine fournée.

Les pains étaient ensuite rangés sur une planche entre les deux poutres du plafond de la salle commune au dessus de la table. Il était ainsi très aisé de prendre le pain lorsqu'il en manquait pour terminer un repas.

 
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