Un moulin banal...
 
XIIIème - XIVème siècles
Les Chartes de coutumes... Les châteaux gascons...
 

L’influence aragonaise sur la haute vallée d’Aure durera jusqu’au XIIIème siècle puis s’affaiblira avec la disparition du dernier membre de la lignée des comtes d'Aure qui ne laissa qu'une fille. Arnaud Guillaume II devenu comte de Labarthe en 1235 l’épousera et recevra de ce fait la haute vallée d'Aure. Le rapport de force s'inverse, les deux maisons n'en feront plus qu’une administrée désormais depuis Labarthe.

Au XIIIème siècle les rapports entre les seigneurs et les paysans commencent à évoluer. A partir du XIVème siècle de nombreuses "Chartes de Coutumes" furent signées à travers la Gascogne. Elles étaient solennellement rédigées, en présence du seigneur et des vassaux intéressés ou des bourgeois d'une ville ou des communautés paysannes, par des notaires. Il ne paraît pas que leur élaboration ait présenté des difficultés, car dans la plupart des cas, elles mentionnaient des droits ou franchises dont l'usage était déjà acquis. Les chartes ne créaient pas un nouvel état des choses, elles le constataient. Il y a tout lieu de croire que ces franchises étaient aussi anciennes que la féodalité, qu'elles naquirent au jour le jour suivant le besoin du moment. Le précédent créé faisant loi à force de se répéter.

C'est ainsi que les privilèges accordés de tous temps aux habitants de la vallée d'Aure, transmis au cours des siècles par tradition orale seront confirmés en juin 1300 par Bernard de Labarthe qui fera rédiger les 53 articles des « Statuts, Coutumes et Privilèges du Pays des Quatre Vallées ». Ces écrits, exceptionnels pour l’époque, reconnaissent définitivement, aux populations de la vallée d’Aure la liberté de construire moulins et fours et de se servir là où il leur plaît.

« … ici commencent les présentes coutumes, libertés, franchises, usages donnés, portés et octroyés par les ancêtres seigneurs de la terre de Labarthe et Vallée d’Aure, aux manants et habitants de ladite Vallée d’Aure et de toute ancienneté tenues, conservées et usées par les ancêtres habitants et après la mort dudit seigneur de Labarthe… »

« …tous et chacun des habitants des villes et lieux d’Aure… qu’il leur soit permis qu’ils puissent prendre du bois de chauffage et des feuilles tant vert que sec, herbes et eaux et faire construire des fours à chaux pour construire des maisons et celles de leurs compatriotes et moudre leur blé et faire cuire où ils voudront et avoir des moulins et des digues et des dérivations d’eau, bâtir des colombiers, des viviers, des bancs pour débiter la viande et des fours pour cuire le pain, forges, dans leur propriété à leur volonté… » (extraits d’Histoire de la Gascogne de Louis Puech).

Ces textes étaient très en avance sur leur époque et faisaient suite aux privilèges accordés à cette région dès le début de l'occupation romaine. A aucun moment, ces libertés octroyées aux habitants de la vallée d’Aure ne seront remises en question. C’est pourquoi la Révolution de 1789 ne sera pas accueillie avec enthousiasme par les Aurois.

     

A l'image de ceux d'Estensan et de Tramezaygues, les châteaux vont se multiplier tout au long de la vallée d'Aure aux XIIIème et XIVème siècles. Cadéac et Azet seront aussi dotés d'une fortification. Le clocher de l'église d'Azet est contruit sur le donjon de l'ancien château.

Le plan des châteaux gascons est des plus simples. Tous assis sur une base rectangulaire, parfois presque carrée, ils ne sont flanqués que d'une, parfois deux tourelles, également carrées et élevées à leurs extrémités, rarement sur la même façade.

           

Il mesure 12 à 15 mètres de long sur 8 à 10 mètres de large. Ses murs peuvent atteindre 15 mètres de haut et 1,40 mètre d'épaisseur. Il ne possède qu'un seul corps de logis. Le rez-de-chaussée servait de magasin, cave et cuisine, le plus souvent hermétiquement clos. On y accédait par le premier étage au moyen de trappes et d'échelles mobiles. Le premier étage servait de corps de garde, de dortoir. Comme le rez-de-chaussée, il n'était éclairé que par d'étroites meurtrières. Seule était franchement ajourée la salle d'armes au deuxième étage. Tous construits sur des points culminants, les châteaux gascons ne sont, à l'extérieur, entourés ni de fossés ni d'un mur d'enceinte. Ces petites forteresses pouvaient défier toute surprise. Leur objet n'était point d'avoir à se défendre contre un siège mais seulement de loger une garnison restreinte et de surveiller les mouvements. Ce sont des tours de guet.

 

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