Le moulin de la Mousquère : huit siècles d'histoire...

 

IXème - Xème siècles
La féodalité... Le Duché de Gascogne... Le Comté de Comminges... Le Comté d'Aure...
 

A la faveur de l'affaiblissement du pouvoir royal des successeurs de Charlemagne, l'unité politique de la France disparut. La dynastie carolingienne, impuissante à maintenir son autorité sur un territoire trop étendu pour son activité et pour ses forces, laissa les ducs et les comtes usurper la souveraineté. C'est ainsi que fut fondé en 852 le duché de Gascogne, devenu héréditaire en 864 lors de l'élection de Sanche Mitarra par les nobles de Vasconie citérieure. Il comprenait la majeure partie des anciennes Novempopulanie et Vasconie. Mais le retour à l'unité de la Gascogne ne fut pas complet, des lambeaux importants s'étaient détachés et vivaient leur vie propre. La Vasconie était morcelée en comtés, le royaume de Navarre vivait en état indépendant. Le comté de Comminges englobant tout l'ancien pays des Convènes avait été créé en 840 en faveur de Garcia fils aîné d'Aznar-Sanche, comte de Vasconie citérieure. Enfin le comté de Bigorre et le vicomté de Béarn avaient été donnés par Charles le Chauve, à la même époque à deux fils de Loup III Centule.

Avec l'égoïsme étroit du Moyen Age chaque état ne pense qu'à lui : la vie politique se rapetisse, les attaches se relâchent et disparaissent. Les sept ducs Gascons héréditaires de 864 à 1032 qui se succédèrent sous les noms de Sanche, Garcie, Guilhem, sont mal connus. En proie à la décomposition féodale, notre pays n'a pour ainsi dire pas d'histoire pendant deux siècles. Nous pouvons tout de même à l'aide des documents d'époque savoir que Sanche Mitarra transmit son titre et ses domaines à son fils Garcie-Sanche, dit le Courbé. A la mort de celui-ci vers 920 ses Etats furent partagés entre ses enfants selon la coutume féodale. L'aîné Sanche-Garcie garda la majeure partie des terres du comté de Gascogne, au nord et à l'ouest. Le second fils, Guilhem, reçut le comté de Fezensac et le troisième Arnaud le comté d'Astarac. L'émiettement ne s'arrêta pas là, vicomtés et seigneuries, relevant nominalement du comté de Gascogne, mais indépendants de fait, pullulèrent sur les terres du comte. Le démembrement continua vers 965 époque où le comté d'Armagnac fut détaché du Fezensac et les comtés de Pardiac et de Magnoac,  de l'Astarac.

Le comté d'Aure va naître de cette décomposition. Il se sépare du comté de Comminges en réunissant à partir de Labarthe la vallée de la Neste et la vallée d'Aure. Fait marquant et plutôt singulier, la vallée d'Aure restera malgré tous les événements politiques à venir sous l'autorité des évêques du Comminges jusqu'à la Révolution. Cette séparation du pouvoir civil et du pouvoir religieux est unique dans notre région.

Le fractionnement fut tel en Gascogne que dès la fin du Xème siècle, il n'y a plus d'histoire de la province, mais il y a autant d'histoires qu'il y a de comtés et de vicomtés. De par sa situation géographique et les liens déjà établis au cours de plusieurs siècles de voisinage et de cohabitation, le comté d'Aure entretiendra des relations privilégiées avec le Sobrarbe des rois de Navarre puis d'Aragon.

 

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