Nettoyage du grain La trémie et l'auget
 
La trempure
 

Pour mettre le moulin en marche, il faut auparavant régler l'écartement des meules. Cette action s'appelle : la trempure. Ce réglage se fait depuis la chambre des meules, se poursuit dans la chambre à eau par l'élévation ou l'abaissement de la pontille et se termine à nouveau dans la chambre des meules par l'écartement ou le resserrement des ces dernières. Deux systèmes étaient utilisés dans nos moulins de montagne. La vis sans fin, restaurée au moulin de la Mousquère, était utilisée autrefois au moulin d'Azet.

 

Dans la plupart des moulins de montagne on se servait d'un levier.  C'est le cas des moulins des Angles et de Gourgue représentés ci-contre.

Le tirant simple tige en fer est alors le plus souvent remplacée par un système plus compliqué formé de trois bras articulés comme le montre le dessin de Philippe Lhez auteur de l'affiche des moulins des Hautes-Pyrénées.

L'écorché du moulin représenté au coeur de l'affiche dessinée par le même artiste est une fidèle représentation de la chambre des meules, de la chambre à eau et des différents éléments de la trempure.

La pontille doublement articulée au tirant et au mur opposé est une pièce essentielle du moulin. Elle sera lors de sa mise en service aux Xème et XIème siècles un progrès déterminant dans le développement des moulins à eau. Pour visiter la chambre à eau, cliquez sur l'image de la pontille du moulin de la Mousquère.

 
Mise en marche des meules
 

L'écartement des meules réglé, le meunier tire sur la poignée pendant le long du cadre soutenant la trémie. Grâce à un système de câble et de poulies il soulève la planche de dérivation. L'eau n'est plus détournée et vient frapper les godets du rouet. La meule et le frayon se mettent à tourner. Le grain sort de la trémie par l'auget, pénètre dans l'oeillard puis est évacué vers l'extérieur des meules en passant par les trois zones d'écrasement. Il est rejeté à l'extérieur du couple de meules et repoussé vers l'anche qui l'évacue dans le coffre à mouture (mélange de son et de farine).

Ce système mis en place lors de la rénovation du moulin n'est pas authentique. Celui du moulin de la Mousquère comme de tous les moulins était plus simple. Il consistait à tirer une tige de fer reliée au bord de la planche de dérivation, de la même manière que le câble. Une goupille maintenait la tige en position haute. Il suffisait de l'enlever pour que la planche de dérivation retombe comme ici au moulin de Mendagne.

 

   

Des dispositifs ingénieux

Il est en effet très important de ne pas laisser les meules tourner à vide car elles s'échauffent plus rapidement et s'usent beaucoup plus vite perdant leur mordant. C'est pourquoi des meuniers avaient installé des systèmes ingénieux destinés à les prévenir dès que la trémie était vide.

Au moulin de la Mousquère un câble avec un épi de maïs a été couplé au câble de la poignée permettant un arrêt automatique du moulin. Pour cela l'épi est bloqué au fond de la trémie que l'on remplit de grains. La planche de dérivation étant ainsi soulevée, l'eau fait tourner la meule. Lorsqu'il n'y a plus assez de grains dans la trémie, l'épi se libère basculant la planche de dérivation qui retombe dans le coursier et dévie l'eau au-dessus du rouet : le moulin s'arrête donc automatiquement.

Ce système restauré au moulin de la Mousquère était peu utilisé. Par contre l'utilisation d'une clochette appelée esquirou était installée dans de nombreux moulins. Le principe était semblable à ce que nous venons de voir avec l'épi de maïs. De la même manière un contrepoids était accroché au bout d'une corde à l'aplomb de l'oeillard. Lorsque la trémie se vidait la corde libérée laissait descendre le contrepoids qui venait se placer contre le frayon agitant la clochette de fin de réserve comme ici au moulin de Gourgue.

Il faut en principe recharger la trémie toutes les 40 minutes. C'est pourquoi le meunier s'habituait à se reposer par tranches tout au long d'une journée qui pouvait durer du lever au coucher du soleil.

 

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