Le blutoir fait partie du mobilier de la chambre des meules.

 

Le blutoir, encore appelé la barite ou le moulin à cerné est un coffre qui sert à trier la mouture, c'est-à-dire à séparer le son de la farine.  Il remplace le tamis, il est utilisé dans les moulins depuis le XVIème siècle. Le blutoir contient un cylindre horizontal, légèrement incliné, constitué de lattes de bois parallèles entourées d'un tamis de soie, tournant autour d'un axe.

 Ce cylindre peut être actionné manuellement par une manivelle se trouvant du côté de la petite trémie dans laquelle est versée la mouture. Lorsque le blutoir fonctionne on entend un bruit caractéristique : le "clac clac". Ce sont les marteaux coulissants de buis ou de chêne qui tapent à chaque rotation contre le cylindre en suivant les lattes de bois, appelées rayons. Ils empêchent la mouture qui se trouve à l'intérieur du tambour de rester collée sur les soies.

Dans certains moulins comme celui de la Mousquère, le blutoir a été mécanisé grâce à un petit rouet (un mètre de diamètre environ) alimenté par un coursier secondaire. Ce rouet entraîne une roue à alluchons horizontale qui transmet par engrenage le mouvement de rotation à une autre roue à alluchons verticale. Cette dernière fait tourner régulièrement le cylindre.

Ce système mécanique fonctionnait en 1960 lorsque le moulin était en activité. On le retrouve sur un des blutoirs du moulin d'Azet, photos ci-contre.

 

Le rôle du blutoir est de séparer la farine du son, mais également de différencier les catégories de farine qui vont tomber à l'intérieur du meuble grâce au maillage des soies fixées sur le tambour. Sur la partie "maillage serré" on obtient le fleur de farine, sur la partie "maillage large" on obtient la farine ordinaire. A l'extrémité on récupère le son séparé ainsi de la farine et rejeté à l'extérieur du meuble par l'anche.

La fleur de farine servait à confectionner les pâtisseries dont la spécialité locale : le "gâteau à la broche" ou "rocher des Pyrénées". La farine ordinaire servait à faire le pain que chaque ménagère pétrissait et cuisait, dans le four à bois, à la maison. Le son servait à l'alimentation des animaux de la ferme.

Jusqu'au XIXème siècle le blutage était une opération onéreuse et seuls les riches achetaient au moulin la farine tamisée.

La plupart des paysans passait la farine au tamis, à la maison, au fur et à mesure des besoins. A la fin du XIXème siècle, des courroies à godets améliorent la circulation du grain et des produits de mouture. La manutention s'automatise. Cette évolution technique portera un grand préjudice aux petits moulins car elle engendrera le passage des meules aux appareils à cylindres, donc aux minoteries.

Barthélémy Ferras blute la mouture en actionnant la manivelle puis remplit un sac de farine. Ce sac est fixé à un cercle de fer qui le maintient ouvert pendant le remplissage. Le meunier le saisit de la main gauche et le remplit avec une pelle de la main droite. Il peut de cette manière travailler seul.