Les meules Le tournant Piquage des meules La Ferté-sous-Jouarre Société Générale Meulière
 

Moulin de la Mousquère : meules composées de 4 quartiers de silex maintenus par un double cerclage de fer

 

Les meules, "molas" prononcer "moulo" peuvent être monolithes, d'un seul bloc de pierre, ou composites, formées de plusieurs quartiers ou carreaux. Elles sont de roches différentes, quartzite, poudingue, granit ou silex comme au moulin de la Mousquère. On les appelle pierres meulières, elles sont assemblées par le charron qui les entoure d'un cerclage métallique. Les meules actuellement en fonctionnement à Sailhan ont été importées car il n'y a pas de carrière de silex dans la région, toutefois, une carrière de pierres de moulins a autrefois existé à Camous près de Sarrancolin. Elles étaient composées de quatre quartiers. Une meule mesure jusqu'à 1,40 mètre de diamètre.

Elle a une épaisseur de 15 à 30 centimètres et pèse de 600 à 700 kilogrammes. La meule mouvante ou tournante peut tourner jusqu'à 120 tours minute. Une meule peut travailler 50 à 60 ans dans un moulin de grande activité. Qu'elles soient monolithes ou à quartiers les deux meules ne se touchent pas sur toute leur surface comme deux galettes bien lisses mais uniquement sur le tiers extérieur. La meule supérieure est concave tandis que la meule inférieure est plate ou légèrement convexe. La mouvante ou tournante se divise concentriquement en trois zones ou cercles. Le premier anneau, autour de l'oeillard, s'appelle le coeur. c'est le plus évidé, le plus tranchant, il sert à concasser le blé. Le second, nommé l'entrepied, est un espace intermédiaire de 30 à 35 centimètres de largeur. Le blé y est broyé, c'est là que se forme le gruau. Enfin le troisième, la feuillère (ou feuillure), est l'anneau périphérique, de 25 à 30 centimètres de large. Il écure le son et en sépare la farine.

Croquis tiré du livre "Il était une fois les moulins de la montagne" de Emile Farenc
Pour plus de précisions sur cet ouvrage consulter la page "Bibliographie".

Pour que ce travail différencié et progressif puisse s'effectuer il faut que les meules aient été préparées convenablement. C'est pour cela que le piquage (ou rhabillage ou battage) des meules est effectué régulièrement et avec le plus grand soin. C'est l'oeuvre du meunier, tâche obscure qu'il fera au moins deux fois par an et plus si nécessaire. Il démonte tout d'abord la trémie, l'auget puis enlève les archures.

Il passe ensuite une brique, qu'il a auparavant trempé dans l'eau pour la ramollir, sur les faces travaillantes des meules. Il fait ainsi apparaître les bosses qu'il lui faudra marteler afin de créer par l'impact un creux aux bords tranchants afin de donner du "mordant" à ses meules.

Le "pic" ou "marteau à piquer" est l'outil utilisé pour ce travail. Pour obtenir un maximum de précision, seuls travaillent l'avant bras et le poignet, le coude étant posé sur un sac empli de son. La main qui tient le manche du marteau est enveloppée par l'autre main. Le piqueur opère accroupi, assis ou debout selon l'espace. Pour effectuer ce travail et afin d'éviter que des éclats de pierre ne le blessent aux yeux, le meunier porte des lunettes.

Il utilise deux sortes de marteaux à piquer, l'un aux deux bouts pointus, l'autre avec un bout plat pour retoucher les rayons. Les rayons partent de l'oeillard ou sont tracés tangentiellement à celui-ci. Ils peuvent être rectilignes ou courbes selon le procédé choisi. Le plus souvent une meule en compte de 4 à 8 rarement 10. En règle générale les rayons sont trois fois plus larges que profonds. Donc un rayon de 6 mm de profondeur devra avoir de 18  à 20 mm de large. Le premier bord du rayon, dans le sens de rotation de la meule, est perpendiculaire à celle-ci. Le deuxième bord est oblique.

 
 

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